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Sous la 6ème République

Sous la 6ème République, malgré l'adversité, les selistes comprirent que l'utopie réalisable exigeait, pour devenir utopie concrète, organisation rigoureuse et action patiente…
Les SEL, marginaux, furent actifs à la fin du siècle dernier. Comme le Rémiste ou le Bobo, le seliste était de ces "personnages conceptuels", acteurs intermittents et citoyens quasi-virtuels d'une vie sociale dépressive. Après l'élection de Lepenultième et l'installation, en France, de la 6ème République, le capitalisme ultra-libéral devint ultra-chaotique…
La résistance s'organisa. Issu du selisme, le selibat proliféra en réseaux. Malgré la censure Étatique de l'internet, l'écoocivisme, écri et diffusé dans la clandestinité devint en quelque sorte l'idéologie du Projet de Société Universelle.
Longtemps interdit et réprimé, le Parti Social Universel, fut organisé à partir des territoires européens démocratiques. Le club selibataire fut réellement constitué vers l'an 2005. Là convergent alors les énergies éparses pour élaborer l'organisation logistique de la socio économie solidaire. Cinq ans plus tard, le succès politique vint, en France, avec l'avènement de la Première République Ludocratique.
Le plus étonnant fut que ce mouvement, connu des européens, se mondialisa sans peine sur les champs de ruines hérités du libéralisme.
Pourquoi faut-il toujours que le spectre du fascisme serve de détonateur ? L'Histoire confirme à nouveau que toute vision sociale divergente constitue une utopie potentielle, mais seuls certains critères caractérisent l'utopie réalisable, celle qui, de toute façon est en train de s'installer pour devenir utopie concrète.
Les selistes, puis les selibataires furent de la lignée de ces utopistes dont on peut suivre la trace dans la littérature au fil des siècles. À la différence la plupart de leurs ancêtres, ils parvinrent à exprimer leur idéologie, à organiser leur mouvement jusqu'à suffuser pacifiquement, malgré l'adversité, la société civile de l'époque.
Certes, de nos jours, la survie sur la planète est encore précaire même si les catastrophes nucléaires et industrielles sont sous contrôle. Il est vrai que le travail salarié a encore des adeptes, que le libéralisme capitaliste a survécu tout en ayant perdu son monopole et sa superbe. Bien peu d'anciens se souviennent encore de la puissance planétaire et de la déconfiture du dollar US ainsi que des frontières qui découpaient le monde en une multitude de chasses gardées.
Il nous paraît aujourd'hui naturel que chaque être humain reçoive une éducation satisfaisante et vive dignement de ses occupations quotidiennes grâce aux écoomonnaies autogénérées et aux systèmes monétaires locaux autogérés.
Depuis que la socio-économie solidaire fonde les institutions des Lands Ludocratiques et des Organismes de Régulation Internationale, la Force Publique a pour mission définitive de maintenir la libre circulation universelle des personnes, des marchandises, de l'information, d'entretenir les voies et réseaux terrestres, maritimes, aériens, spatiaux, hertziens et satellitaires.
Aujourd'hui, les selibataires de la première heure sont doucement en voie d'extinction. Comme les anciens combattants de jadis ils sont honorés et congratulés plusieurs fois par an. Honneur à leur mémoire et bonne vie à tous.
P.S. Toute convergence avec des situations futures serait pur effet du hasard dont on sait qu'il fait souvent bien les choses s'il est intelligemment secondé.

http://www.passerelleco.info/utopiesconcretes/article.php3?id_article=59

Utopie politique

La "bonne cité", dans la tradition antico-médiévale, est celle qui s'organise à l'image du cosmos, reconduisant un ordre hiérarchique inspiré de la volonté divine et inscrit dans le plan de la nature. Cet ordre, où chacun a sa place, garantit la concorde et fonde l'unité de la cité. .

Platon

Mais quoi ? Ne verra-t-on pas disparaître les procès et les accusations réciproques, dans notre cité où chacun des gardiens n’aura à soi que son propre corps, et où tout le reste sera commun ? Ne s’ensuit-il pas que nos citoyens seront alors à l’abri de tous les conflits que fait naître parmi les hommes la possession de richesses, d’enfants et de parents ? Ainsi ils seront délivrés de toutes ces misères, et mèneront une vie plus heureuse que la vie bienheureuse des vainqueurs olympiques.

La République, livre V

Cette aspiration à l'unité du corps social, qui sera un trait essentiel de la pensée utopique, on la retrouve magnifiée, jusqu'à la fusion, dans l'idée de la communauté monastique, elle-même modèle de multiples communautés, religieuses ou laïques

Saint Augustin

Deux amours ont donc fait deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la Cité céleste.

La Cité de Dieu, 413-427.