La "bonne cité", dans la tradition antico-médiévale, est celle qui s'organise à l'image du cosmos, reconduisant un ordre hiérarchique inspiré de la volonté divine et inscrit dans le plan de la nature. Cet ordre, où chacun a sa place, garantit la concorde et fonde l'unité de la cité. .

Platon

Mais quoi ? Ne verra-t-on pas disparaître les procès et les accusations réciproques, dans notre cité où chacun des gardiens n’aura à soi que son propre corps, et où tout le reste sera commun ? Ne s’ensuit-il pas que nos citoyens seront alors à l’abri de tous les conflits que fait naître parmi les hommes la possession de richesses, d’enfants et de parents ? Ainsi ils seront délivrés de toutes ces misères, et mèneront une vie plus heureuse que la vie bienheureuse des vainqueurs olympiques.

La République, livre V

Cette aspiration à l'unité du corps social, qui sera un trait essentiel de la pensée utopique, on la retrouve magnifiée, jusqu'à la fusion, dans l'idée de la communauté monastique, elle-même modèle de multiples communautés, religieuses ou laïques

Saint Augustin

Deux amours ont donc fait deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la Cité céleste.

La Cité de Dieu, 413-427.