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mardi, octobre 30 2007

samhain halloween toussaint

samhain L'origine de la Toussaint selon Jacques de Voragine Jacques de Voragine (en latin Jacobus de Varagine) est originaire de Varazze, en Ligurie (sur la côte, à 50 km à l'ouest de Gênes). Il est archevêque de Gênes. Il écrit au XIIIe siècle la Légende dorée (en latin Legenda aurea). Ce livre raconte la vie des saints illustres et connaît un grand succès pendant le Moyen Âge. Il regorge de miracles et de faits surnaturels tel qu'on pouvait le concevoir à cette époque : le Moyen Âge baigne dans le merveilleux...



LA TOUSSAINT (1er novembre)



La fête de la Toussaint e été instituée pour quatre objets : en premier lieu, pour commémorer la consécration d'un temple, en second lieu pour suppléer à des omissions; en troisième lieu pour expier nos négligences, en quatrième lieu pour nous faciliter l'accomplissement de nos vœux.

1° Voici d'abord l'histoire de la consécration du temple. Les Romains devenus maîtres du monde, avaient construit un temple énorme, au milieu duquel ils avaient placé leur idole; et tout à l'entour étaient les idoles de toutes les provinces conquises la face tournée vers l'idole des Romains. (...) Mais bientôt ce temple ne suffit pas aux Romains, qui construisirent pour chaque dieu un temple particulier. Et comme tous les dieux ne ne pouvaient pas avoir un temple à eux dans la ville, les Romains, pour mieux étaler leur folie, construisirent en l'honneur de tous les dieux un temple plus admirable encore que les autres, et l'appelèrent le Panthéon, ce qui signifie le temple de tous les dieux. Pour tromper le peuple, les prêtres des idoles lui racontèrent que la déesse Cybèle, qu'ils appellaient la mère de tous les dieux, leur était apparue ; et cette déesse leur aurait dit que, si Rome voulait remporter la victoire sur toutes les nations, on eût à élever, à tous les dieux ses fils, un temple magnifique. Ce temple fut construit sur une base cisculaire, afin de symboliser l'éternité des dieux. (...) Or, sous le règne de l'empereur Phocas, lorsque depuis longtemps déjà Rome était devenue chrétienne, le pape Boniface, quatrième successeur de Saint Grégoire, obtint de l'empereur le susdit temple, le débarrassa de toutes ses idoles, et, le 3 mai de l'année 605, le consacra à la Vierge Marie et à tous les martyrs: d'où il reçut le nom de Sainte-Marie aux Martyrs. (...) Plus tard, encore, un pape nommé Grégoire transporta au 1er novembre la date de la fête anniversaire de cette consécration: car à cette fête les fidèles venaient en foule, pour rendre hommage aux saints martyrs, et le pape jugea meilleur que la fête fut célébrée à un moment de l'année où les vendanges et les moissons étaient faites, les pèlerins pouvaient plus facilement trouver à se nourrir. En même temps, ce pape décréta qu'on célébrerait, ce jour là, dans l'Eglise tout entière, non seulement l'anniversaire de cette consécration, mais la mémoire de tous les saints. Et ainsi ce temple, qui avait été construit pour toutes les idoles, se trouve aujourd'hui consacré à tous les saints.

2° La fête de la Toussaint a été instituée pour suppléer à des omissions: car il y a beaucoup de saints que nous oublions, et qui non seulement n'ont pas de fête propre, mais qui ne se trouvent même pas commémorés dans nos prières. c'est en effet chose impossible que nous célébrions séparément la fête de tous les saints, tant à cause de leur innombrable quantité que de notre faiblesse et du manque de temps.

3° La fête de la Toussaint a été instituée pour expier des négligences. car bien que nous ne célébrions la fête que de peu de saints, encore négligeons-nous souvent ceux-là même, par ignorance ou par paresse. Et c'est de ce péché que nous pouvons nous délivrer en célébrant d'une façon générale tous les saints, le jour de la Toussaint. (...)

4° Enfin la fête de la Toussaint a été instituée pour nous faciliter l'obtention de nos vœux. De même que nous honorons en ce jour tous les saints, de même nous leur demandons d'intercéder, tous ensemble, pour nous, de façon à nous faire avoir plus facilement la miséricorde de Dieu. Les saints peuvent, en effet intercéder pour nous par leurs mérites et per loeur affection : par leur mérite en ce que le surplus de leurs bonnes œuvres s'emploie à compenser nos fautes; par leur affection en ce qu'ils demandent à Dieu que nos vœux se réalisent, chose qu'ils ne font, cependant, que quand ils savent que cela ne contrarie pas la volonté de Dieu. Et que, dans ce jour, tous les saints se joignent pour intercéder en notre faveur, c'est ce que prouve une vision qui eut lieu l'année qui suivit l'institution de cette fête. le jour de la Toussaint de cette année-là, le gardien de l'église de saint Pierre, après avoir pieusement fait le tour de tous les autels et imploré les suffrages de tous les saints, s'assoupit un moment devant l'autel de saint Pierre. Il fut alors ravi en extase et vit le Roi des Rois assis sur son trône, avec tous les anges autour de lui. Puis vint la Vierge des Vierges, avec un diadème de feu autour de la tête, et suivie de la foule innombrable des vierges. (...) Puis l'ange conduisit le gardien dans un autre lieu, où il lui montra des personnes des deux sexes, dont les unes étaient vêtues d'or, ou assises à des tables somptueuses, tandis que d'autres, nues et misérables, mendiaient du secours. Et l'ange dit au gardien: "Ce lieu est le Purgatoire. Les âmes que tu vois dans l'abondance sont celles qu'assistent copieusement les suffrages de leurs amis; les âmes de ces mendiants sont celles de personnes qui n'ont point d'amis, au ciel ni sur la terre, pour s'occuper d'elles." Et l'ange ordonna au gardien de rapporter tout cela au souverain pontife, afin que, après la fête de la Toussaint, il instituât la fête des Ames, c'est-à-dire une fête où, du moins, des suffrages communs s'élèveraient au ciel en faveur de ceux qui n'avaient personne pour adresser en leur faveur des suffrages particuliers.

Mes sources

samedi, février 24 2007

Sous la 6ème République

Sous la 6ème République, malgré l'adversité, les selistes comprirent que l'utopie réalisable exigeait, pour devenir utopie concrète, organisation rigoureuse et action patiente…
Les SEL, marginaux, furent actifs à la fin du siècle dernier. Comme le Rémiste ou le Bobo, le seliste était de ces "personnages conceptuels", acteurs intermittents et citoyens quasi-virtuels d'une vie sociale dépressive. Après l'élection de Lepenultième et l'installation, en France, de la 6ème République, le capitalisme ultra-libéral devint ultra-chaotique…
La résistance s'organisa. Issu du selisme, le selibat proliféra en réseaux. Malgré la censure Étatique de l'internet, l'écoocivisme, écri et diffusé dans la clandestinité devint en quelque sorte l'idéologie du Projet de Société Universelle.
Longtemps interdit et réprimé, le Parti Social Universel, fut organisé à partir des territoires européens démocratiques. Le club selibataire fut réellement constitué vers l'an 2005. Là convergent alors les énergies éparses pour élaborer l'organisation logistique de la socio économie solidaire. Cinq ans plus tard, le succès politique vint, en France, avec l'avènement de la Première République Ludocratique.
Le plus étonnant fut que ce mouvement, connu des européens, se mondialisa sans peine sur les champs de ruines hérités du libéralisme.
Pourquoi faut-il toujours que le spectre du fascisme serve de détonateur ? L'Histoire confirme à nouveau que toute vision sociale divergente constitue une utopie potentielle, mais seuls certains critères caractérisent l'utopie réalisable, celle qui, de toute façon est en train de s'installer pour devenir utopie concrète.
Les selistes, puis les selibataires furent de la lignée de ces utopistes dont on peut suivre la trace dans la littérature au fil des siècles. À la différence la plupart de leurs ancêtres, ils parvinrent à exprimer leur idéologie, à organiser leur mouvement jusqu'à suffuser pacifiquement, malgré l'adversité, la société civile de l'époque.
Certes, de nos jours, la survie sur la planète est encore précaire même si les catastrophes nucléaires et industrielles sont sous contrôle. Il est vrai que le travail salarié a encore des adeptes, que le libéralisme capitaliste a survécu tout en ayant perdu son monopole et sa superbe. Bien peu d'anciens se souviennent encore de la puissance planétaire et de la déconfiture du dollar US ainsi que des frontières qui découpaient le monde en une multitude de chasses gardées.
Il nous paraît aujourd'hui naturel que chaque être humain reçoive une éducation satisfaisante et vive dignement de ses occupations quotidiennes grâce aux écoomonnaies autogénérées et aux systèmes monétaires locaux autogérés.
Depuis que la socio-économie solidaire fonde les institutions des Lands Ludocratiques et des Organismes de Régulation Internationale, la Force Publique a pour mission définitive de maintenir la libre circulation universelle des personnes, des marchandises, de l'information, d'entretenir les voies et réseaux terrestres, maritimes, aériens, spatiaux, hertziens et satellitaires.
Aujourd'hui, les selibataires de la première heure sont doucement en voie d'extinction. Comme les anciens combattants de jadis ils sont honorés et congratulés plusieurs fois par an. Honneur à leur mémoire et bonne vie à tous.
P.S. Toute convergence avec des situations futures serait pur effet du hasard dont on sait qu'il fait souvent bien les choses s'il est intelligemment secondé.

http://www.passerelleco.info/utopiesconcretes/article.php3?id_article=59

Utopie politique

La "bonne cité", dans la tradition antico-médiévale, est celle qui s'organise à l'image du cosmos, reconduisant un ordre hiérarchique inspiré de la volonté divine et inscrit dans le plan de la nature. Cet ordre, où chacun a sa place, garantit la concorde et fonde l'unité de la cité. .

Platon

Mais quoi ? Ne verra-t-on pas disparaître les procès et les accusations réciproques, dans notre cité où chacun des gardiens n’aura à soi que son propre corps, et où tout le reste sera commun ? Ne s’ensuit-il pas que nos citoyens seront alors à l’abri de tous les conflits que fait naître parmi les hommes la possession de richesses, d’enfants et de parents ? Ainsi ils seront délivrés de toutes ces misères, et mèneront une vie plus heureuse que la vie bienheureuse des vainqueurs olympiques.

La République, livre V

Cette aspiration à l'unité du corps social, qui sera un trait essentiel de la pensée utopique, on la retrouve magnifiée, jusqu'à la fusion, dans l'idée de la communauté monastique, elle-même modèle de multiples communautés, religieuses ou laïques

Saint Augustin

Deux amours ont donc fait deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre ; l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la Cité céleste.

La Cité de Dieu, 413-427.

Le champ du possible

Dans le langage courant actuel, "utopique" veut dire impossible ; une utopie est une chimère, une construction purement imaginaire dont la réalisation est, a priori, hors de notre portée.
Or, paradoxalement, les auteurs qui ont créé le mot, puis illustré le genre littéraire inventé par Thomas More en 1516, avaient plutôt pour ambition d'élargir le champ du possible, et d'abord de l'explorer.

Certes, l'utopie se caractérise par un recours à la fiction, par un artifice littéraire qui consiste à décrire une société idéale dans une géographie imaginaire, souvent dans le cadre d'un récit de voyage purement romanesque. Mais imaginaire ou fictif ne veut pas dire impossible : tout rêve n'est pas chimère. Les utopies relevant de la littérature politique, du XVIe au XVIIIe siècle, participent d'une critique de l'ordre existant et d'une volonté de le réformer en profondeur ; le recours à la fiction est un procédé qui permet de prendre ses distances par rapport au présent pour mieux le relativiser et de décrire, d'une manière aussi concrète que possible, ce qui pourrait être. Et l'épanouissement du genre utopique correspond à une période où l'on pense, justement, que, plutôt que d'attendre un monde meilleur dans un au-delà providentiel, les hommes devraient construire autrement leurs formes d'organisation politique et sociale pour venir à bout des vices, des guerres et des misères.
En ce sens, les descriptions qu'ils proposent, dans lesquelles ils font voir des cités heureuses bien gouvernées, visent à convaincre leurs lecteurs que d'autres modes de vie sont possibles. Peu à peu, en particulier lorsque l'idée de progrès devient un principe de compréhension de l'histoire humaine, la notion d'utopie apparaît, non plus comme le résultat volontariste de la décision de réformateurs soucieux du bien humain, mais comme ce vers quoi tend le processus historique.
C'est, au XIXe siècle, le temps des philosophies de l'histoire. Pour certains, l'utopie est l'horizon de l'Histoire, et il convient d'accélérer le processus pour se rapprocher du règne de la liberté. D'une certaine façon, la promesse de l'histoire rejoint, mais sous une forme sécularisée, l'attente eschatologique des anciennes Apocalypses : la nouvelle Jérusalem viendra, mais cette fois elle ne descendra pas du ciel, elle sera bâtie sur terre, de main humaine, dans un avenir radieux.
 De nombreux mouvements sociaux, en particulier dans les périodes des grands ébranlements révolutionnaires, sont portés par cette espérance, même si le siècle qui vient de s'achever nous apprend qu'il n'y a pas de fatalité historique, que l'utopie peut se retourner en son contraire, et le rêve tourner au cauchemar.
Si l'on demande alors pourquoi l'adjectif "utopique" en est venu à signifier "impossible", peut-être a-t-on là un commencement de réponse : malgré leur dénégation, les utopies modernes sont restées, à tort ou à raison, profondément marquées par l'héritage judéo-chrétien, par la problématique du salut, par les perspectives eschatologiques d'une fin de l'histoire. Peut-être, pour cette raison, renvoyaient-elles à un monde au-delà du monde. Revenir sur cette croyance, ce n'est pas renoncer à l'utopie, c'est lui redonner sa signification première, celle d'un heureux effort de l'imagination pour explorer et représenter le possible.
Thomas More invente le mot latin : Utopia, construit à partir du grec ou, "non, ne... pas", et de topos, "région, lieu", est le nom d'une île située "en aucun lieu". Cette négation est ambiguë. Faut-il entendre que cette île, dont le gouvernement idéal règne sur un peuple heureux, est imaginaire, inédite, ou encore impossible ? Comment comprendre le fait qu'elle est en même temps localisée, puisque située par More quelque part aux confins du Nouveau Monde ? Et, puisque l'ouvrage de l'humaniste anglais est destiné à faire pendant à l'Eloge de la folie d'Erasme, ne s'agit-il pas simplement de cet exercice rhétorique humaniste où l'on feint un monde inversé pour mieux montrer que le plus raisonnable n'est pas celui qu'on croit ? Bientôt, le genre littéraire inauguré par More se diversifiera et l'on verra apparaître des eutopies (du grec eu, "bien"), des dystopies (du grec dus, exprimant une idée de difficulté, de trouble), des utopies satiriques ou critiques, des anti-utopies, des contre-utopies... La forme francisée "utopie" est attestée chez Rabelais (1532) et, sur le modèle de l'anglais utopia, le mot devient nom commun en intégrant le vocabulaire politique du XVIIIe siècle ; il désigne alors le plan d'un gouvernement imaginaire, à l'image de la république de Platon. Ce n'est qu'au milieu du XIXe siècle que le sens courant actuel s'impose et que l'utopie en vient à désigner un projet politique ou social qui ne tient pas compte de la réalité. Pour quelques-uns, que justement la "réalité" n'enthousiasme guère, il s'agit là d'une qualité essentielle ; plus généralement, un glissement s'opère, faisant de l'utopie un projet irréalisable, voire irréaliste. En témoignent les renvois synonymiques donnés par le Petit Robert à l'article "utopie" : chimère, illusion, mirage, rêve, rêverie...

 

vendredi, février 23 2007

essais

Il est vilain mon blog mais je m'entraîne

Françoise Dolto

http://www.parole-lheritage-dolto.com/

L'étranger


Le Spleen de Paris Repris en 1864 sous le titre Petits poèmes en prose

L’ETRANGER

"Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? ton père, ta mère, ta soeur ou ton frère?

- Je n'ai ni père, ni mère, ni soeur, ni frère.

- Tes amis?

- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.

- Ta patrie?

- J'ignore sous quelle latitude elle est située.

- La beauté?

- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.

- L'or?

- Je le hais comme vous haïssez Dieu.

- Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger?

- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!"

Charles Baudelaire

ce que je parais

Leiris : L’âge d’homme 1939

Je viens d'avoir trente quatre ans, la moitié de la vie. Au physique, je suis de taille moyenne, plutôt petit. J'ai des cheveux châtains coupés court afin d'éviter qu'ils ondulent, par crainte aussi que ne se développe une calvitie menaçante. Autant que je puisse en juger, les traits caractéristiques de ma physionomie sont: une nuque très droite, tombant verticalement comme une muraille ou une falaise, marque classique (si l'on en croit les astrologues) des personnes nées sous le signe du Taureau; un front développé, plutôt bossué, aux veines temporales exagérément noueuses et saillantes. Cette ampleur de front est en rapport (selon le dire des astrologues) avec le signe du Bélier; et en effet je suis né un 20 avril, donc aux confins de ces deux signes : le Bélier et le Taureau. Mes yeux sont bruns, avec le bord des paupières habituellement enflammé; mon teint est coloré; j'ai honte d'une fâcheuse tendance aux rougeurs et à la peau luisante. Mes mains sont maigres, assez velues, avec des veines très dessinées; mes deux majeurs, incurvés vers le bout, doivent dénoter quelque chose d'assez faible ou d'assez fuyant dans mon caractère.

Ma tête est plutôt grosse pour mon corps; j'ai des jambes un peu courtes par rapport à mon torse, les épaules trop étroites relativement aux hanches. je marche le haut du corps incliné en avant; j'ai tendance, lorsque je suis assis, à me tenir le dos voûté; ma poitrine n'est pas très large et je n'ai guère de muscles. J'aime à me vêtir avec le maximum d'élégance; pourtant, à cause des défauts que je viens de relever dans ma structure et de mes moyens qui, sans que je puisse me dire pauvre, sont plutôt limités, je me juge d'ordinaire profondément inélégant; j'ai horreur de me voir à l'improviste dans une glace car, faute de m'y être préparé, je me trouve à chaque fois d'une laideur humiliante.

Quelques gestes m'ont été ou me sont familiers : me flairer le dessus de la main; ronger mes pouces presque jusqu'au sang; pencher la tête légèrement de côté; serrer les lèvres et m'amincir les narines avec un air de résolution; me frapper brusquement le front de la paume comme quelqu'un à qui vient une idée et l'y maintenir appuyée quelques secondes (autrefois, dans des occasions analogues, je me tâtais l'occiput ) ; cacher mes yeux derrière ma main quand je suis obligé de répondre oui ou non sur quelque chose qui me gêne ou de prendre une décision; quand je suis seul me gratter la région anale; etc. Ces gestes, je les ai un à un abandonnés, au moins pour la plupart. Peut être aussi en ai je seulement changé et les ai je remplacés par de nouveaux que je n'ai pas encore repérés? Si rompu que je sois à m'observer moi même, si maniaque que soit mon goût pour ce genre amer de contemplation, il y a sans nul doute des choses qui m'échappent, et vraisemblablement parmi les plus apparentes, puisque la perspective est tout et qu'un tableau de moi, peint selon ma propre perspective, a de grandes chances de laisser dans l'ombre certains détails qui, pour les autres, doivent être les plus flagrants.

Mon activité principale est la littérature, terme aujourd'hui bien décrié. Je n'hésite pas à l’employer cependant, car c'est une question de fait: on est littérateur comme on est botaniste, philosophe, astronome, physicien, médecin. À rien ne sert d'inventer d'autres termes, d'autres prétextes pour justifier ce goût qu'on a d'écrire : est littérateur quiconque aime penser une plume à la main. Le peu de livres que j'ai publiés ne m'a valu aucune notoriété. Je ne m'en plains pas, non plus que je ne m'en vante, ayant une même horreur du genre écrivain à succès que du genre poète méconnu.

Michel Leiris, L'Âge d'homme.

http://www.michel-leiris.com/HH/

Ce que je suis dans mes contradictions

Deux choses presque inalliables s'unissent en moi sans que j'en puisse concevoir la manière : un tempérament très ardent, des passions vives, impétueuses, et des idées lentes à naître, embarrassées et qui ne se présentent jamais qu'après coup. On dirait que mon cœur et mon esprit n'appartiennent pas au même individu. Le sentiment, plus prompt que l'éclair, vient remplir mon âme; mais au lieu de m'éclairer, il me brûle et m'éblouit. je sens tout et je ne vois rien. Je suis emporté, mais stupide ; il faut que je sois de sang froid pour penser. Ce qu'il y a d'étonnant est que j’ai cependant le tact assez sûr, de la pénétration, de la finesse même, pourvu qu'on m'attende : je fais d'excellents impromptus à loisir, mais sur le temps je n'ai jamais rien fait ni dit qui vaille. je ferais une fort jolie conversation par la poste, comme on dit que les Espagnols jouent aux échecs. Quand je lus le trait d'un duc de Savoie qui se retourna, faisant route, pour crier : À votre gorge, marchand de Paris, je dis : « Me voilà. »

Cette lenteur de penser, jointe à cette vivacité de sentir, je ne l'ai pas seulement dans la conversation, je l'ai même seul et quand je travaille. Mes idées s'arrangent dans ma tête avec la plus incroyable difficulté : elles y circulent sourdement, elles y fermentent jusqu'à m'émouvoir, m'échauffer, me donner des palpitations; et, au milieu de toute cette émotion, je ne vois rien nettement, je ne saurais écrire un seul mot, il faut que j'attende. Insensiblement ce grand mouvement s'apaise, ce chaos se débrouille, chaque chose vient se mettre à sa place, mais lentement, et après une longue et confuse agitation. N'avez- vous point vu quelquefois l'opéra en Italie? Dans les changements de scènes il règne sur ces grands théâtres un désordre désagréable et qui dure assez longtemps; toutes les décorations sont entremêlées; on voit de toutes parts un tiraillement qui fait peine , on croit que tout va renverser : cependant peu à peu tout s'arrange, rien ne manque, et l'on est tout surpris de voir succéder à ce long tumulte un spectacle ravissant. Cette manœuvre est à peu près celle qui se fait dans mon cerveau quand je veux écrire. Si j’avais su premièrement attendre, et puis rendre dans leur beauté les choses qui s'y sont ainsi peintes, peu d'auteurs m'auraient surpassé.

Jean- Jacques ROUSSEAU, Les Confessions, livre III

Comment mes goûts me définissent...



J'aime : la salade, la cannelle, le fromage, les piments, la pâte d'amandes, l'odeur du foin coupé (j'aimerais qu'un « nez » fabriquât un tel parfum), les roses, les pivoines, la lavande, le champagne, des positions légères en politique, Glenn Gould, la bière excessivement glacée, les oreillers plats, le pain grillé, les cigares de Havane, Haendel, les promenades mesurées, les poires, les pêches blanches ou de vigne, les cerises, les couleurs, les montres, les stylos, les plumes à écrire, les entremets, le sel cru, les romans réalistes, le piano, le café, Pollock, Twombly, toute la musique romantique, Sartre, Brecht, Verne, Fourier, Eisenstein, les trains, le médoc, le bouzy , avoir la monnaie, Bouvard et Pécuchet, marcher en sandales le soir sur les petites routes du Sud Ouest, le coude de l'Adour vu de la maison du docteur L., les Marx Brothers, le serrano à sept heures du matin en sortant de Salamanque, etc.

Je n'aime pas: les loulous blancs, les femmes en pantalon, les géraniums, les fraises, le clavecin, Miro, les tautologies, les dessins animés, Arthur Rubinstein, les villas, les après midi, Satie, Bartok, Vivaldi, téléphoner, les chœurs d'enfants, les concertos de Chopin, les bransles de Bourgogne, les danceries de la Renaissance, l'orgue, M. A. Charpentier, ses trompettes et ses timbales, le politico sexuel, les scènes, les initiatives, la fidélité, la spontanéité, les soirées avec des gens que je ne connais pas, etc. J’aime, je n'aime pas: cela n'a aucune importance pour personne; cela, apparemment, n'a pas de sens. Et pourtant tout cela veut dire : mon corps n'est pas le même que le vôtre. Ainsi, dans cette écume anarchique des goûts et des dégoûts, sorte de hachurage distrait, se dessine peu à peu la figure d'une énigme corporelle, appelant complicité ou irritation. Ici commence l'intimidation du corps, qui oblige l'autre à me supporter libéralement, à rester silencieux et courtois devant des jouissances ou des refus qu'il ne partage pas. (Une mouche m'agace, je la tue : on tue ce qui vous agace. Si je n'avais pas tué la mouche, c'eût été par pur libéralisme: je suis libéral pour ne pas être un assassin.)

Roland BARTHES, Roland Barthes par Roland Barthes.

Ce que je fais

A une heure du matin

Enfin ! seul ! On n'entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin! la tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même.

Enfin ! il m'est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres! D'abord, un double tour à la serrure. Il me semble que ce tour de clef augmentera ma solitude et fortifiera les barricades qui me séparent actuellement du monde.

Horrible vie ! Horrible ville ! Récapitulons la journée: avoir vu plusieurs hommes de lettres, dont l'un m'a demandé si l'on pouvait aller en Russie par voie de terre (il prenait sans doute la Russie pour une île); avoir disputé généreusement contre le directeur d'une revue, qui à chaque objection répondait: "- C'est ici le parti des honnêtes gens", ce qui implique que tous les autres journaux sont rédigés par des coquins; avoir salué une vingtaine de personnes, dont quinze me sont inconnues; avoir distribué des poignées de main dans la même proportion, et cela sans avoir pris la précaution d'acheter des gants; être monté pour tuer le temps, pendant une averse, chez une sauteuse qui m'a prié de lui dessiner un costume de Vénustre; avoir fait ma cour à un directeur de théâtre, qui m'a dit en me congédiant: "- Vous feriez peut-être bien de vous adresser à Z...; c'est le plus lourd, le plus sot et le plus célèbre de tous mes auteurs, avec lui vous pourriez peut-être aboutir à quelque chose. Voyez-le, et puis nous verrons"; m'être vanté (pourquoi ?) de plusieurs vilaines actions que je n'ai jamais commises, et avoir lâchement nié quelques autres méfaits que j'ai accomplis avec joie, délit de fanfaronnade, crime de respect humain; avoir refusé à un ami un service facile, et donné une recommandation écrite à un parfait drôle; ouf! est-ce bien fini ?

Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m'enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. Ames de ceux que j'ai aimés, âmes de ceux que j'ai chantés, fortifiez-moi, soutenez-moi, éloignez de moi le mensonge et les vapeurs corruptrices du monde, et vous, Seigneur mon Dieu! accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise !

Charles Baudelaire -

Bamako, le film


La chèvre a ses idées mais la poule aussi". Le paysan malien qui prononce cette phrase est à la barre des témoins d'un tribunal installé dans une cour d'un quartier populaire de Bamako, pour un procès qui oppose la société civile aux institutions internationales de la mondialisation, Fonds monétaire international et Banque mondiale en tête. Durant ces débats animés, retransmis par haut-parleur à l'extérieur, la vie continue dans la cour : les femmes teignent des batiks, un couple se marie tandis qu'un autre se sépare, les enfants vont et viennent. C'est dans la cour de son père mort il y a peu qu'Abderrahmane Sissako a tenu à situer ce tournage car c'est dans ce lieu intense de vie qu'il a grandi et passionnément discuté de l'Afrique avec lui.

Improbable construction ? Bien sûr, mais si pertinente qu'elle en devient crédible. Un débat trop intellectuel ? Comment oser penser que les gens simples ne comprennent pas ce qui s'y trame ? Manthia Diawara l'avait déjà montré dans son documentaire Bamako Sigi-kan (Le Pacte de Bamako) : les gens du peuple ne sont pas dupes, leur conscience est aiguë, leur réflexion sur le monde permanente. Ils comprennent parfaitement les mots et les problématiques de ce procès car ils les vivent tous les jours dans leur chair. Et même si les idées exprimées sont déjà connues de tous, il était nécessaire de les redire, de les transcender avec la force d'une expression artistique. La profonde émotion que l'on ressent si l'on veut bien s'ouvrir à ce film dépasse largement les discours ressassés sur les travers de la mondialisation et les rapports Nord-Sud. Sans doute parce que face à la complexité, il est essentiel de retrouver des idées simples, et que celles-ci s'ancrent davantage par le biais du sensible.

Puisqu'il fallait argumenter et débattre, un procès avec avocats et témoins s'imposait, comme l'affectionne le cinéma américain ! Parce qu'il est urgent de se concentrer sur des idées force pour contrer aussi bien les démissions des appels au bon-sens que les replis identitaires, des plaidoyers avaient leur place, avec la flamme et l'engagement de leur rhétorique. C'est à ce tribunal que nous assistons, où sera dénoncée la supercherie des pays du G8 qui clament leur bonne volonté par des remises de dette largement médiatisées alors que, pourtant amplement remboursée, elle continue de saigner des pays pris dans cet étau qui les empêche d'assurer les services sociaux.

L'étau, c'était le titre d'un livre d'Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture du Mali qui est ici appelée à la barre des témoins. Accablant pour le cynisme et le mensonge des pays riches, ce procès accuse le viol de l'imaginaire autant que la destruction des services publics orchestrée par les plans d'ajustement culturel qui n'ont conduit qu'à un échec. La parole est donnée à des tribuns comme Aminata Traoré ou un brillant professeur mais aussi et surtout à des gens simples.

Le sommet d'expression et d'émotion est atteint lorsqu'un paysan, Zegué Bamba, ne peut plus contenir sa parole et, faisant tournoyer son chasse-mouche, se livre à une longue complainte parlée-chantée. Nous l'écoutons d'autant mieux que ses paroles ne sont pas traduites en sous-titres, échappant ainsi à toute projection exotique et à toute réduction. Déchirant et profondément digne, son cri a l'ampleur d'une Afrique qui souffre mais ne plie pas. Tourné en vidéo et en plans fixes qui en accentuent le cérémoniel, le procès fait appel à de vrais juges et de vrais avocats qui ont été libres de construire leur propos. Ils en sont d'autant plus sincères et crédibles. Ils ont le temps de leur démonstration et leur image n'est pas déchiquetée par la multiplication des plans, ce qui leur permet de convaincre. De temps en temps, des images tournées en film viennent enrichir plus qu'illustrer le propos. Celles des émigrés rejetés dans le désert ne sont pas le copier-coller du récit de celui qui est à la barre des témoins : en quelques plans plus mobilisateurs qu'accablants, Sissako résume la scandaleuse inhumanité du traitement de l'émigration.
Ici, plus besoin de mots : tandis que résonne le beau chant mélancolique d'Oumou Sangaré, la teinture des femmes rejette une eau rougie et le tissu obtenu envahit l'écran. En milieu de film, alors même que les avocats sont blancs et noirs dans les deux camps, un hilarant épisode de western-spaghetti mettant en scène aussi bien l'acteur Dany Glover que les cinéastes Elia Souleiman ou Zeka Laplaine rappelle par sa facture mimétique et burlesque Le Retour d'un aventurier de Moustapha Alassane mais résonne comme une illustration des interventions des institutions internationales. Ce sont bien des Noirs qui éliminent "l'instituteur en trop" : loin de tout discours victimaire, Sissako rappelle la participation des Africains au suicide de leur continent.

Mais le Nord ne peut être dédouané : sa responsabilité est incontournable alors même qu'il stigmatise aujourd'hui l'Afrique pour les maux qu'il a lui-même provoqués, confondant allègrement la cause et la conséquence, la paupérisation et la pauvreté. Les avocats de la société civile dénoncent ce bal des hypocrites qui entretient la vision d'une malédiction sur une Afrique vouée au malheur et à la corruption. Il y aura encore des pleurs, comme ceux si émouvants d'Aïssa Maïga qui chante si bien. Pour les conjurer, ne reste que l'utopie, ce bélier africain qui bouscule proprement Maître Rappaport, l'avocat des institutions internationales. Et cette utopie coûte que coûte serait de remettre celles-ci au service non du capitalisme libéral mais de l'homme, leur vocation de départ.

C'est lumineux, comme ce film superbement lunaire où les femmes sont les principaux moteurs, où chaque image a sa beauté propre et ses strates de significations. Au-delà de la conscience aiguë du drame africain, corps solitaire que ne vient renifler qu'un chien, un bol d'air est possible, si l'on installe les ventilateurs au bon endroit. Encore faudrait-il le faire : c'est à cette utopie qu'appelle ce film magnifique qui laisse des milliers de belles et profondes traces en chacun.

Olivier Barlet

tu ne t'intéresses pas à la politique

mais les politiques s'intéressent à toi.

http://www.politest.fr/

http://www.publicsenat.fr/presidentielle2007/

http://www.conseil-constitutionnel.fr/dossier/presidentielles/2007/index.htm

http://francepolitique.free.fr/FPR.htm

J'essaie de proposer des liens non partisans ...

jeudi, février 22 2007

lyrisme footballistique

"Je suis candidat car j'aime le football. Je suis candidat car j'aime particulièrement l'UEFA. Je suis né la même année qu'elle", a-t-il déclaré en préambule, les larmes aux yeux, la voix étranglée par l'émotion. "Les acquis de l'UEFA ne seront jamais remis en cause. Je vous propose de construire l'avenir. Le football, mesdames et messieurs, est un jeu avant d'être un produit, un sport avant d'être un marché, un spectacle avant d'être un business", a-t-il notamment ajouté. "Nous avons la chance de tenir dans nos mains un trésor. Le plus beau, le plus simple, le plus populaire sport au monde. Je vous propose de le protéger et de le faire fructifier tous ensemble".

http://soir3.france3.fr/index-fr.php?jt=1&taille=1#

Liens utiles

Voici les liens du cours du lundi 23 octobre 2006 :

http://www.site-magister.com/bts/synthese2b.htm

http://ww3.mayeticvillage.fr/QuickPlace/mentor/Main.nsf?Login&RedirectTo=%2FQuickPlace%2Fmentor%2FMain.nsf%3FOpenDatabase

LIENS PRESSE :

http://hemingway.mediaradio.ca/cgi-bin/journaux.cgi Le kiosque à journaux mondial de la presse en ligne

http://www.richmond.edu/~jpaulsen/journaux.html La presse française et francophone

http://www.courrierinternational.com/planetepresse/planeteP_accueil.asp Le courrier international

http://www.lesunes.com/ Les unes françaises. Attendre 30s avant que la page apparaissent

http://permanent.nouvelobs.com/medias/20060207.OBS5485.html Les unes parues lors de l'affaire des caricatures de Mahomet

Blog Première L

http://premiere-aile.over-blog.com/

http://www.ccdmd.qc.ca/fr/bureau/




http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php

OGM

La pseudo censure était un hoax

optimisme technologique

Sujet 1 Peut-on faire preuve aujourd’hui d’optimisme technologique ?

Si l’homme est instrumentalisé ou s’il utilise la technologie pour dominer, comment ne pas être tenté par le pessimisme ? La méfiance est souvent liée aux erreurs du passé, aux accidents catastrophiques, à la représentation du savant fou. Que dire d’une technologie qui éloigne l’homme de la nature, contribue à la destruction de l’environnement et à terme de la planète ? Comment admettre que l’homme de retrouve dépendant de ses propres inventions ? Mécanisation, puis automatisation et informatisation supprimeraient des emplois tout en incitant à la consommation à outrance. A qui profitent les nouvelles technologies ? Aux déjà nantis, accroissant ainsi les inégalités.

L’optimisme technologique se justifie dans la mesure où la technologie reste au service de l’être humain. La technologie améliore nos conditions de vie, notre confort. Elle nous permet de lutter contre le temps, nous laisse davantage de loisirs et accroît notre espérance de vie Elle renforce notre sécurité (transforme les armes de destruction en arme de dissuasion, améliore la sécurité routière) et permet de limiter les risques. Elle facilite l’accès au savoir et à l’information et par conséquent le contrôle des citoyens sur les risques.

Conclure ? Ainsi la technologie nous épargne des tâches répétitives pour laisser du temps aux tâches créatives. Notre jugement s’exerce plus librement quand il s’agit de mesurer et de prévenir les risques.

J'ai ainsi regroupé les arguments que vous aviez proposés - il manque les exemples.

La Lettre de Gargantua à Pantagruel

La Lettre De Gargantua à Pantagruel > > C’est pourquoi, mon fils, je t’engage à employer ta jeunesse à bien progresser en savoir et en vertu. Tu es à Paris, tu as ton précepteur Epistémon : l’un par un enseignement vivant et oral, l’autre par de louables exemples peuvent te former. J’entends et je veux que tu apprennes parfaitement les langues : premièrement le grec, comme le veut 0uintilien; deuxièmement le latin; puis l’hébreu pour l’Écriture sainte, le chaldéen et l’arabe pour la même raison; et que tu formes ton style sur celui de Platon pour le grec, sur celui de Cicéron pour le latin. > Qu’il n’y ait pas d’étude scientifique que tu ne gardes présente en ta mémoire et pour cela tu t’aideras de l’Encyclopédie universelle des auteurs qui s’en sont occupés. > Des arts libéraux : géométrie, arithmétique et musique, je t’en ai donné le goût quand tu étais encore jeune, à cinq ou six ans; continue. > De l’astronomie, apprends toutes les règles, mais laisse-moi l’astrologie et l’art de Lullius comme autant d’abus et de futilités. > Du droit civil, je veux que tu saches par cœur les beaux textes, et que tu me les mettes en parallèle avec la philosophie. Et quant à la connaissance de la nature, je veux que tu t’y donnes avec soin : qu il n’y ait mer, rivière, ni source dont tu ignores les poissons; tous les oiseaux du ciel, tous les arbres, arbustes, et les buissons des forêts, toutes les herbes de la terre, tous les métaux cachés au ventre des abîmes, les pierreries de tous les pays de l’Orient et du midi, que rien ne te soit inconnu. > Puis relis soigneusement les livres des médecins grecs, arabes et latins, sans mépriser les Talmudistes et les Cabalistes, et, par de fréquentes dissections, acquiers une connaissance parfaite de l’autre monde qu’est l’homme. > Et quelques heures par jour commence à lire l’Écriture sainte : d’abord le Nouveau Testament et les Épîtres des apôtres, écrits en grec, puis l’Ancien Testament, écrit en hébreu. > En somme, que je voie en toi un abîme de science car, maintenant que tu deviens homme et te fais grand, il te faudra quitter la tranquillité et le repos de l’étude pour apprendre la chevalerie et les armes afin de défendre ma maison, et de secourir nos amis dans toutes leurs difficultés causées par les assauts des malfaiteurs. Et je veux que, bientôt, tu mesures tes progrès; cela, tu ne pourras pas mieux le paire qu’en soutenant des discussions publiques, sur tous les sujets, envers et contre tous, et qu’en fréquentant les gens lettrés tant à Paris qu’ailleurs. > Mais – parce que, selon le sage Salomon, > > Sagesse n’entre pas en âme malveillante et que > Science sans Conscience n’est que ruine de l’âme - tu dois servir, aimer et craindre Dieu, et mettre en lui toutes tes pensées et tout ton espoir; et par une foi nourrie de charité, tu dois être uni à lui, en sorte que tu n’en sois jamais séparé par le péché. > Méfie-toi des abus du monde; ne prends pas à cour les futilités, car cette vie est transitoire, mais la parole de Dieu demeure éternellement. Sois serviable pour tes prochains, et aime-les comme toi-même. Révère tes précepteurs. Fuis la compagnie de ceux à qui tu ne veux pas ressembler, et ne reçois pas en vain les grâces que Dieu t’a données. Et, quand tu t’apercevras que tu as acquis tout le savoir humain, reviens vers moi, afin que je te voie et que je te donne ma bénédiction avant de mourir. > Mon fils, que la paix et la grâce de Notre Seigneur soient avec toi. Amen. > D’ Utopie, ce dix-sept mars, Ton père, Gargantua. http://jc.bellamy.free.fr/fr/rabelais.html#top Rabelais était médecin ! Il a vécu à Maillezais http://www.tierslivre.net/litt/rabelais.html

Moratoires

Des moratoires pour la science sont-ils souhaitables ?

Corrigé des questions

1- Les risques liés au progrès de la science ont été mis en évidence dans trois domaines , écologique, militaire et biologique . Les incidents de Three Mile Island en 1979 et l’accident de Tchernobyl en 1986 ont rappelé la dangerosité des centrales nucléaires, y compris à long terme. La Guerre du Golfe en 1991 a fait expérimenter l’efficacité redoutable des missiles et antimissiles. Enfin la naissance du premier bébé éprouvette a alerté les consciences sur les manipulations génétiques.

2- Le Comité consultatif d’Ethique est composé de biologistes et de médecins ainsi que de représentants des courants religieux et politiques. Son but est de provoquer des débats sur les recherches pour confronter ce qui est scientifiquement possible avec ce qui est interdit par l’éthique. Il peut suspendre des recherches ou déterminer la durée des moratoires.

3- La recherche scientifique est parfois liée à des intérêts stratégiques ou économiques. Ainsi les applications de la science peuvent devenir prioritaires aux dépens de la recherche pure, en particulier dans le domaine militaire. Les entreprises, orientent parfois les recherches en fonction de critères de rentabilité.

4- Les scientifiques, souvent tentés de promouvoir leurs travaux à des fins personnelles, devraient non seulement diffuser leurs connaissances (vulgarisation) mais aussi faciliter des débats éthiques. Quant aux citoyens – individuellement ou en association - ils doivent se familiariser avec les méthodes de la science pour s’impliquer dans ces débats qui permettent parfois de réorienter les recherches.

5 – Un moratoire est une disposition légale qui suspend le cours d’une recherche précise au nom de critères éthiques (comme la représentation de l’être humain) ou politiques (telle la vision des échanges économiques).

http://www.ccne-ethique.fr/francais/htm/present.htm